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Mise à jour
1 déc 2019


Glossaire

Famille Dardel

Blasonnement

Blasons Dardel

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NOUVEAU

Le glossaire illustré en cinq langues et toutes les illustrations séparément.

Héraldique
Quelques rudiments























L'héraldique date du Moyen-Âge. Il s'agissait à l'origine de reconnaître sur le champ de bataille, ou lors de joutes, les ennemis et les alliés. Comme les soldats portaient le plus souvent des armures leur dissimulant le corps et le visage, ils prirent l'habitude de montrer sur leurs boucliers, et sur des bannières, des couleurs vives arrangées en dessins faciles à reconnaître. L'héraldique est la science — ou plutôt l'art — des blasons. On trouve sur internet de bonnes pages de détail sur le sujet. Je me contenterai de donner ici quelques principes de base.

L'écu est la pièce centrale des armoiries. C'est ce qui nous occupera ici ; vous trouverez cependant au bas de cette page une description des ornements extérieurs. Le blason est le dessin de ce qui est inscrit dans l'écu. Le blasonnement est la description du blason, régie selon des règles strictes permettant de reconstituer mentalement ou de dessiner les armoiries dans tous leurs détails. Le vocabulaire de l'héraldique est très précis, mais vaste et touffu. Voir mon glossaire illustré de plus de 500 termes héraldiques et les liens en bas de page.

Les couleurs
Elles sont au nombre de huit(1), dont les deux dernières (pourpre et orange) sont peu employées. On distingue :

Deux métaux :

Les émaux :

Pour la gravure (imprimerie en noir et blanc, chevalières), un code de hachures est utilisé comme dans l'image de droite. Une couleur supplémentaire, dite "carnation", plus récente et peu héraldique, est destinée à représenter les parties nues du corps humain. On voit aussi parfois l'expression "au naturel" : les meubles (figures, voir ci-dessous) dits au naturel sont ceux qui sont représentés avec la couleur qu'ils tiennent de la nature. Cela s'applique surtout, en plus du rose "carnation', aux couleurs brunes et grises.

Vairé
Vair
Bretagne
Hermine
J'ai dessiné tous les blasons de ces pages avec les couleurs héraldiques seulement, d'une palette constante, en évitant les nuances de couleur.

Les fourrures, au nombre de deux, s'ajoutent aux couleurs ci-dessus. Il s'agit de l'hermine — que vous connaissez dans les armoiries de la Bretagne ci-contre — et du vair, ici "vairé d'azur et d'or".

Les pièces honorables et partitions

Les parties principales de l'écu sont montrées dans l'image de droite. Les partitions sont les divisions géométriques de l'écu. Elles sont nombreuses.
Un petit nombre d'exemples ci-dessous :

Dextre et senestre

Question : Pourquoi le flanc dextre est-il à gauche et le senestre à droite ?
Réponse : Parce que l'écu se regarde comme une figure humaine : la dextre de l'écu est à droite pour celui qui le porte, mais à gauche pour celui qui le regarde.

Les meubles

Ce sont les figures dessinées sur l'écu. Elle sont fort nombreuses, et reflètent l'imagination de l'inventeur du blason.

Les meubles les plus courants sont, avec de multiples variantes, les aigles (féminines en héraldique), les lions, fleurs de lys, roses, croix, couronnes et toutes sortes d'outils.

En général, les animaux regardent à dextre. Dans le cas contraire, ils sont dits "contournés".

Lion
D'azur au lion (rampant) d'or
(le lion est rampant par défaut)
Cheval
D'argent au cheval gai contourné de sable
Aigle
D'or à l'aigle éployée de sable becquée et membrée de gueules

Une pièce honorable ou un meuble peuvent être chargés d'un autre meuble :
Bouvier
Palé de quatre pièces d’azur et d’or, une bande d’argent
chargée de trois étoiles de gueules brochant sur le tout.

Lorsque les meubles se rapportent au patronyme, on dit les armes "parlantes". Par exemple, le blason de la ville anglaise d'Oxford, sachant qu'en anglais ox veut dire bœuf et ford signifie un gué 

Oxford
Coupé au 1 d'argent au bœuf de gueules, au 2 d'azur à trois fasces ondées d'argent.

Il y a plusieurs autres exemples d'armes parlantes dans les blasons des familles alliées Dardel : Baer, Boy de la Tour, Brennwald, Châtelain, Engelhardt, Favre, Gaille, Gueissaz, La Harpe, Isenschmid, Lewenhaupt, Messerli, Ostervald, Piaget, Storckenfeldt, pour peu que l'on fasse l'analyse étymologique du nom.

Trois règles

  1. Une règle esthétique :
    Ne pas mettre métal sur métal ni émail sur émail. dans ce cas, le contraste n'est pas bien marqué, et l'écu peu lisible, et une figure rouge sur un fond bleu ou vert est en effet assez moche. Cette règle s'applique aux meubles et pièces honorables, pas aux détails (feuilles, bec, griffes). Les exceptions à cette règle sont appelées "armes à enquerre", ce qui veut dire fautives. Dans les blasons de la famille, on en trouve plusieurs : Chanel, Darbelley, Dessoulavy, Loup, Martini, Membru...; quant à Magnenat, le pourpre du champ fait exception à la règle émail sur émail.
    Lion
    D'azur au lion d'or
    (bon)
    Cheval
    De sinople au lion d'azur
    (à enquerre)
    Aigle
    D'argent au lion d'or
    (à enquerre)
  2. Une règle fondamentale :
    Tu peux choisir les armes qui te plaisent, à condition qu'elles ne soient pas déjà portées par quelqu'un d'autre. Évidemment, au Moyen-Âge, on ne pouvait pas vérifier avec Google si le blason choisi n'était pas en vigueur à l'autre bout de l'Europe...
  3. La troisième est une variante de la deuxième :
    Le blason plein échoit en partage à l'aîné
    Tout autre doit briser comme il est ordonné.

    Ces deux alexandrins signifient que le blason est en principe transmis par l'aîné de la famille, et que les autres descendants mâles doivent y apporter une modification (brisure) pour se distinguer de l'aîné. Cette règle n'est plus guère appliquée aujourd'hui.
Voir ces règles (en vers...) selon Claude-François Ménestrier (1659) et Jean-Baptiste Philipoteau (1729).

Dans le passé, particulièrement en Suisse, les membres d'une famille modifiaient souvent leurs armes en y ajoutant un détail significatif de leur métier ou simplement pour se distinguer d'autres membres de la même famille. C'est pourquoi j'ai recensé pas moins de treize blasons différents pour la famille Dardel de la région de Neuchâtel.

Ordre du blasonnement

On commence toujours par le fond de l'écu : d'argent à la fasce de gueules. Pour les autres dispositions, on suit l'ordre indiqué ci-dessous : parti d'argent et de gueules, écartelé de gueules et d'argent, etc. Pour le dernier : tiercé en fasce d'or, de gueules et d'argent.

Description des couleurs

Pour éviter la répétition, on blasonne souvent les émaux en se rapportant à ceux déjà mentionnés : du même, du champ, du premier, du dernier, du deuxième etc. Cliquer l'image pour le blasonnement de cet exemple.

Burnand

Les formes de l'écu

Selon le temps et les pays, la forme de l'écu peut être différente. L'image ci-dessous représente les formes les plus courantes rencontrées en Europe, mais les deux formes françaises sont les plus habituelles, même dans d'autres pays. Dans les présentes pages, j'ai représenté tous les blasons selon la forme française dite moderne, qui date de Napoléon, sauf pour le glossaire où j'utilise la forme française ancienne, plus simple.

L'échancrure de l'écu d'Allemagne (à dextre) et de Pologne (des deux côtés) est censée permettre d'y poser une lance. La dernière forme (espagnole) est aussi utilisée dans les armoiries portugaises, flamandes et suédoises.

Les ornements extérieurs

L'art héraldique a développé à des fins décoratives une série d'ornements extérieurs permettant de montrer d'autres informations que ne contient pas l'écu. Ils sont extrêmement rares dans l'héraldique médiévale et se limitent pour ainsi dire aux heaumes et cimiers. Le XVe siècle voit apparaître timidement les premiers ornements extérieurs à proprement parler (colliers, diadèmes, quelques signes de dignités comme les épées des connétables...) ; ils ne se généralisent qu'au XVIIe siècle à la faveur de la complication progressive de l'héraldique moderne et de ses tentatives de codification. L'écu peut être notamment surmonté d'un timbre, formé d'une couronne ou d'un heaume, entouré de colliers des ordres auxquels appartient le titulaire des armes, maintenu par des figures, appelées tenants lorsqu'il s'agit d'êtres humains, supports quand il s'agit d'animaux et soutiens quand il s'agit d'objets inanimés.

Les lambrequins (1) sont des morceaux d'étoffes découpés. Ils décorent la partie supérieure de l'écu, ombragent le casque (2) et penchent à dextre et à senestre, courbés en portion de cercle, en forme de volute. Ils doivent être des mêmes émaux que le champ et les pièces de l'armoirie. Le cimier (5) est quelquefois une figure humaine, mais plus souvent un animal, une trompe, une défense, un bras, une tour, une lance ou autre meuble ; il est posé au-dessus du timbre (2), c'est-à-dire du casque ou de la couronne. Il repose dans notre image sur un tortil (6). C'était anciennement une grande marque de distinction.

Les supports (3) sont des animaux : des lions, des aigles, des taureaux, des sirènes, des centaures, etc., en quoi ils diffèrent des tenants et des soutiens. Deux supports se placent l'un à dextre, l'autre à senestre et paraissent soutenir l'écu. Les supports sont quelquefois les animaux mêmes qui chargent l'écu ; dans ce cas ils doivent être des mêmes émaux ; hors ce cas, on les représente ordinairement dans leur couleur naturelle. La devise et le cri sont des signes de reconnaissance et de ralliement. Quand il n'y a que l'un ou l'autre, on le place sur un liston, espèce de ruban ondoyant (4) en dessous de l'écu. Quand l'un et l'autre font partie des ornements extérieurs d'une maison, on place la devise en la partie inférieure et le cri en la partie supérieure de l'écu.

À titre d'exemple illustré de blasonnement complet, voir les armes royales de Suède et du Danemark dans la page "blasonnement".

Alliances

Dans les familles d'ancienne noblesse, les seigneurs ont souvent ajouté à leur blason d'origine celui des terres acquises par alliance, ce qui produit des armes comprenant plusieurs quartiers, armes qui peuvent devenir compliquées.

Castille
Castille ancien
Castille 1
Castille XIVe siècle
Espagne
Espagne actuel

À titre d'autre exemple, voici l'écu du prince italien Vincent 1er de Gonzague (1562-1612), qui était duc de Mantoue, de Montferrat et de Nevers. Sa mère était Éléonore d'Autriche. Son grand-père Ferdinand Ier de Habsbourg était archiduc d'Autriche, roi de Bohème, empereur romain germanique et petit-fils de Ferdinand II d'Aragon. Son blason combine ceux de Gonzague ancien, de l'Empire romain d'Orient, de Jérusalem, d'Aragon, de Montferrat, de Saxe, de Bar (je n'ai pas trouvé pourquoi), de Constantinople et d'Autriche.
Gonzague
Cliquer l'écu pour l'examiner en détail et lire son long blasonnement.

Glossaire

Je vous ai préparé un glossaire quintilingue de l'héraldique de plus de 500 termes (FR-DE-IT-EN-ES), illustré par mes soins. La plupart de ces termes ont une description en français.

Pratique

Pour vous exercer, voir le blasonnement de plusieurs centaines d'écus de familles rattachées ou non à la mienne.

Pour en savoir plus

Voici quelques liens qui offrent de nombreux détails sur l'héraldique et l'art des blasons :

Je recommande aussi l'ouvrage de Pierre Joubert : "Les Armes, initiation à l'Héraldique", publié par Ouest-France en 1977, avec d'abondantes et remarquables illustrations, ou sa version plus récente "Nouveau guide de l'héraldique" de 1984.

(1) Il y a toujours deux métaux (or et argent) mais le nombre d'émaux varie selon les époques : pour Ménestrier, il y en a quatre (gueules, azur, sable et sinople) ; pour Philipoteau, il y en a cinq, donc il ajoute le pourpre. L'orange est encore postérieur, et très rarement utilisé. Les couleurs sont toujours parfaitement unies et sans nuances de teinte.

Les blasons dans la colonne de gauche sont extraits de l'armorial des familles Dardel et associées.

© François de Dardel


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